Un bataillon passé dans l’oubli

Qui se rappelle du premier bataillon français de l'O N U ?

Et qui en a entendu parler ? Il s'agit pourtant d'une des plus fameuses unités de combat de l'armée française, maintenant dissoute, mais dont les anciens qui ont eu l'honneur de combattre dans ses rangs, se souviennent avec émotion et portent fièrement ses insignes.

Créé au camp d'Auvours (Sarthe) en septembre 1950, le bataillon français débarqua à Fusan le 29 novembre 1950 pour être intégré à la Second Infantry Division US (Indianhead), 23 rd Régiment.

S'alignant sur la pratique des troupes américaines en Corée, le bataillon français intégra une compagnie de soldats sud-coréens.

Il fut de tous les principaux combats jusqu'à la fin des hostilités, notamment les batailles de Twin-tunnels en février 1951, de Chipyong li aussi en février 1951, Honchon et Chuchon en mars 1951, Putchaetul en mai de la même année,en octobre 1951, après trois semaines de combats, le bataillon s'empare au lance-flamme des avancées de la côte 851. C'était la première attaque de nuit exécutée par le bataillon. A l'aube du13 octobre, le dernier piton, "Crèvecoeur" (heartbreak Ridge), tombe aux mains de la deuxième compagnie du Bataillon français. Durant ce mois de combats, le bataillon français a perdu 60 tués, dont le Capitaine Robert Goupil, figure légendaire du bataillon. En octobre 1952 àWhite Horse et Arrow Head il brise à la côte 281 l'attaque Chinoise en direction de Séoul pendant que plus de 25.000 obus chinois tombent en 24 heures sur les positions françaises. L'ennemi y laissera 6oo morts et 13 prisonniers. Ses pertes totales devant le seul Bataillon français sont estimées à environ 2.ooo hommes. Cette victoire coûtera 47 morts et 144 blessés au bataillon et lui vaudra sa quatrième citation française.

Le 23 juillet 1953, accords sur un cessez-le-feu…

Le bilan des opérations est de 280 morts, dont 17 coréens, 1350 blessés, 12 prisonniers et 7 portés disparus. Au total, 3421 français ont participé à la guerre de Corée, 287 furent tués au combat.

En novembre 1953, le bataillon débarque en Indochine gardant ses marques et ses insignes. II est dédoublé pour former le Régiment de Corée qui va servir d'ossature au groupement mobile 100 qui comprend aussi d'autres unités: infanterie, chars et artillerie.

Ses principaux combats sont: le18 février 1953, le poste de DAK DOA succombe sous le nombre après une défense héroïque. Le 22 mars, à PLEI-RINH, les viets battent en retraite. Le 4 avril, repousse une embuscade sur la R.C.19.Le 24 juin 1954 (Malgré que Dien bien phu est tombé le 7 mai), le GM 100 quitte ANKE en convoi par la R.C.19 route de montagne bordée par une végétation très dense. Par des contretemps successifs et une sous estimation de l'adversaire, cette évacuation est mal engagée. Le GM 100 est condamné; cette route est tenue par l'ennemi parfaitement informé qui va monter une embuscade gigantesque. La puissance des viets est considérable. Assauts après assauts, ils anéantissent les unités. Dans cette embuscade le GM 100 a perdu près d'un millier d'hommes, tués , blessés ou disparus, la totalité du matériel et tous ses véhicules ( plus de 200 ) sont détruits.Le27 juin repousse une embuscade viets près du poste de DAK AYUN

Le 17 juillet, nouvelle embuscade au col de CHU DREH, les unités succombent sous le nombre. 20 juillet cessez-le-feu.

Bilan des opérations en Indochine:

  • Premier Bataillon; 238 tués ou blesses au combat; fut cité à l'ordre de l'Armée
  • Deuxième bataillon:202 tués ou blessés au combat ; fut cité à l'ordre de Corps d'Armée.

Le 1er septembre 1954, le GM 100 est dissout.

Le Régiment de Corée redevient alors le Bataillon de Corée et depuis le 25 avril 1955, a droit au port de la fourragère des T.O.E, aux couleurs du ruban de la Médaille Militaire. Il embarque à SAIGON en unité constituée en direction de l'Algérie le 17 juillet 1955.

  • 10 août 1955, le bataillon débarque à ALGER; est implanté à TÉFÉCHOUN
  • Novembre 1955, il s'installe dans le Constantinois à l'hippodrome de SIDI-MABROUK.
  • Début 1957, il fait mouvement vers OUED-ZÉNATI.
  • Décembre 1958, Le P.C. s'installe à AÏN-ABID
  • Le 1er septembre 1960,par changement d'appellation et de structure le régiment prend le titre de 156 eme R.I. "Régiment de Corée"
  • Le P.C. de l'EMT 1 reste à Aïn-Abid, le P.C. de l'EMT 2 s'installe à Oued- Zénati.
  • En 1961, le Régiment se retrouve par réorganisation du secteur, à DJIDJELLI
  • Fin 1962,il fait mouvement vers le camp de SISSONE ou il sera dissout.

De 1955 à 1956, les missions du Régiment, furent d'assurer entre autres, par des patrouilles et des contrôles, la sécurité urbaine et extérieure. De 1957 à juillet 1962, tout en tenant les quartiers et les sous-quartiers, le Régiment, à la recherche des bandes rebelles, participe à de grandes opérations dans le Constantinois et sur la frontière Tunisienne. Le régiment de Corée a eu 48 tués au combat en Algérie.

Dans notre association, nous avons deux représentants de ce fameux bataillon:

  • Pierre BETOUL (Corée, Indochine et Algérie)
  • Jacques GOUILLARD (Algérie)

 

Recherche: Jacques Gouillard 

1 Réponses pour "Un bataillon passé dans l’oubli"

  • mouragues dit :